DANS LES VILLES

Les phares échangent leurs faisceaux
Les vagues entremêlent leurs rumeurs
Et se déversent dans mes rues vides

Je pense à la plus haute
Dans ma tour rigide

Sous l'égide d'un gris homogène
Dans le ciel volent mes pensées comme des aviateurs en fuite

Soûlé d'alcool et d'acouphènes
Tout mon corps peu à peu se délite

Se disséminent les tireurs d'élite
S'agglutine les âmes en peine

Une foule de gens immobile
A l'heure ou la nature nous est inaudible

Tout s'affole et tout s'ignore
Tout s'immole et tout s'égorge
Tout s'isole et tout s'endort
Dans les villes

Je pense à l'océan libre
Là où les vagues ondulent
Bordées de terres paisibles
Loin des wagons durs

Ici les poussières s'amoncellent
Des pieds les foulent
Mais ils ne sont pas nus
Et s'élargit la foule

Convergent les bouches
S'engouffrent les corps
Le présent foutu dehors
Et nous sommes devenus des ébauches

Tout s'affole et tout s'ignore
Tout s'écorche et tout s'égorge
Tout s'isole et tout s'endort
Dans les villes

 

Il est temps de descendre

De ma tour rigide

Plus rien à attendre

Dans mon verre du vide

 

Un peu de vin

Un peu de rien

Le visage plongé dans mes mains

Une teinte un peu livide

 

J’agrippe la barre de mon cadis

Y fourgue mes affaires

J'oubli un peu l'oubli

Et que tout est à refaire